Le roman du mariage, Jeffrey EUGENIDES

9782757841259Synopsis :

« Une fille et deux garçons. Sur le campus de Brown comme ailleurs, il y en a un de trop. Madeleine aime le brillant Leonard et rêve déjà de leur futur radieux d’intellectuels talentueux. Mais Leonard est fragile, imprévisible, Madeleine est constamment sur le qui-vive. Avec Mitchell, le prétendant idéal, la vie serait simple ; pourtant Madeleine est réticente. Faut-il se marier par amour ? »


Ce roman traînait dans ma bibliothèque depuis plusieurs années alors que la personne qui m’en avait vanté les mérites m’a toujours été de bon conseil. Je viens de le terminer puis le refermer en me demandant pourquoi diable avoir attendu autant de temps ! Mais finalement il s’écoulera moins de temps jusqu’au prochain roman d’Eugenides, et c’est tant mieux !

Les 50-100 premières pages ont tout d’abord été lourdes à digérer, pas de chapitres, peu de paragraphes, des phrases qui se succèdent et des références littéraires à la seule portée des littéraires les plus aguerris.

Puis un déclic, des parties plus courtes qui scandent davantage le texte, des personnages principaux qui s’animent et que l’on a hâte de retrouver dès lors que l’on arrête sa lecture. Et j’ai compris la raison pour laquelle on me l’avait conseillé. Il m’aura fallu moins de temps pour lire les 475 dernières pages que les 100 premières!

Université de Brown au début des années 80. Trois étudiants, un triangle amoureux.

Madeleine, la littéraire issue d’un milieu intellectuel et très aisé pour ne pas dire bourgeois, plutôt jolie, sportive qui fait une fixation sur « Fragments du discours amoureux » de Roland BARTHES. C’est une fille qui sait ce qu’elle veut et ne veut pas, sauf en amour. Elle est partagée entre sa passion dévorante pour Leonard et son attirance pour Mitchell. Elle finira par épouser Leonard, pour le meilleur… et pour le pire !

Leonard, le génie scientifique maniaco-dépressif, séduisant, dominateur, issu d’un milieu très modeste qui traîne un passé trop lourd pour lui. Il oscille entre phases de dépression et phases d’euphorie excessive, ponctué par des séjours en hôpital psychiatrique.

Puis Mitchell, le gendre idéal, passionné de théologie et en perpétuelle quête spirituelle. Le plus attachant dans cette histoire, instruit, doté d’une vive intelligence mais peu sûr de lui. Le « bon copain » pour Madeleine. Eperdument amoureux de Madeleine mais amoureux éconduit qui parcourra 3 continents (Europe, Afrique, Asie) avec un sac-à-dos pour seul bagage à la recherche de lui-même et de spiritualité, en vain.

Trois personnes qui se cherchent, coincés entre leur adolescence et leur vie d’adulte. Un roman initiatique qui dresse le portrait de ces trois jeunes issus de milieux sociaux différentes avec leurs angoisses, leurs études, leurs questionnements sur la vie et la culture, leurs joies et leurs désillusions.

Un roman qui, par les nombreux thèmes abordés (drogue, alcool, pulsion sexuelle, libération de la femme, maladie mentale, etc.) constitue la fresque d’une époque et du milieu universitaire américain.

Une construction du récit très habile de la part de Jeffrey EUGENIDES qui, sans redondance, ponctue son oeuvre de retours en arrière qui éclairent la suite de l’histoire et amène le lecteur à constamment revoir sa vision de l’intrigue à travers les différents protagonistes.

Nul doute que la découverte de cet auteur m’incitera à lire ses 2 autres romans « Virgin suicides » qui a fait l’objet d’une adaptation cinématographique du même titre par Sofia COPPOLA (excellent film au demeurant) et « Middlesex ».

Pour ceux qui souhaitent lire le livre, faites-le quand vous savez que vous aurez suffisamment de temps devant vous. Il n’est pas de ceux que l’ont lit sur plusieurs semaines pour arriver à se plonger dans l’histoire, ou alors c’est que vous n’y plongerez jamais.

 

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2 réflexions au sujet de « Le roman du mariage, Jeffrey EUGENIDES »

  1. « Pour ceux qui souhaitent lire le livre, faites-le quand vous savez que vous aurez suffisamment de temps devant vous. Il n’est pas de ceux que l’ont lit sur plusieurs semaines pour arriver à se plonger dans l’histoire, ou alors c’est que vous n’y plongerez jamais. »
    Ca donne le ton 😀 Mais merci pour le conseil, mieux vaut prévoir le coup.

  2. Oui, d’autant plus que les 100 premières pages peuvent paraître un peu longues et rébarbatives. L’auteur pose les bases de son roman. Il faut donc faire l’effort de les passer. Le livre se décompose en 5 parties bien distinctes, j’aurai tendance à dire qu’il faut lire d’une traite chaque partie, et si ce n’est pas possible 1 partie/jour en interrompant sa lecture à la fin d’une sous-partie.
    Il paraît que son livre « Middlesex » est bien meilleur !
    Tu as vu « Virgin suicides » de Coppola sinon ?

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