Trilogie Cinquante nuances de Grey, E.L. JAMES

images1

4ème de couverture :

tome 1 « Lorsque Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête. Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme.
Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble. Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets… « 

tome 2 « Dépassée par les sombres secrets de Christian Grey, Ana Steele a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d’éditrice. Mais son désir pour Grey occupe toujours toutes ses pensées et lorsqu’il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister. Peu à peu, elle en apprend davantage sur le douloureux passé de son ténébreux M. Cinquante Nuances, toujours aussi passionné. Tandis que Christian lutte contre ses démons intérieurs, Ana doit prendre la décision la plus importante de sa vie. »

tome 3 « La rencontre d’Ana Steele et de Christian Grey, chef d’entreprise ambitieux mais tourmenté, les a précipités dans une histoire d’amour torride qui a irrémédiablement bouleversé leurs existences.Ana a toujours su que ses amours avec son Cinquante Nuances seraient orageuses : leur vie commune pose des défis que ni l’un ni l’autre n’avaient envisagés. Ana doit apprendre à partager le style de vie opulent de Grey sans sacrifier sa propre intégrité ou son indépendance ; Grey doit surmonter son obsession de tout contrôler, et exorciser les horreurs qui le hantent.Enfin réunis, ils ont tout : l’amour, la passion, l’intimité, la richesse et une infinité de possibles.Mais alors même que la vie les comble, le malheur et le destin conspirent pour plonger Ana dans le pire des cauchemars. »

Mon avis :

Ce livre a fait couler beaucoup d’encre et a connu un tapage médiatique déchaîné au moment de sa sortie outre Atlantique. Les avis sont en général très tranchés, soit il est décrié, soit il est porté aux nues. Je n’étais pas partie pour l’acheter au départ, étant assez réfractaire aux best-sellers et pas spécialement intéressée par la littérature érotique puis on me l’a offert à Noël. J’ai malgré tout attaqué le livre sans arrière pensée. Dès les premières pages on se laisse happer par l’histoire sans arriver à décrocher, à se demander si n’ont pas été insérés des messages subliminaux derrière le texte. Je dois avouer qu’une histoire m’avait rarement autant emballée dès le début. Peut-être était-ce la découverte d’un  nouveau genre littéraire entre romance et érotisme ?

Ce n’est pas de la grande littérature et ce n’est certainement pas le style qui rend le livre addictif. Pour avoir lu les tomes 2 et 3 en anglais j’ai trouvé la qualité de la traduction de médiocre qualité (toutes mes excuses à la traductrice…). En effet, la pauvreté du vocabulaire a été vivement critiquée mais la langue française étant bien plus riche que la langue de Shakespeare il est finalement dommage que la traductrice n’ai pas pris la liberté d’utiliser des synonymes pour enrichir le vocabulaire et contourner ainsi le « problème ». Certaines tournures de phrases sont également bancales, pour ne pas dire syntaxiquement douteuses parfois. On a cette impression que certaines phrases ont été traduites un peu trop littéralement, à la « façon Google » (sachant que les traductions de Google se sont pourtant bien améliorées ces dernières années !!).

Quant à l’histoire, je dois dire que je n’avais jamais rien lu de pareil. Tout le livre tient dans l’histoire. Je n’avais pas envie de m’arrêter au style du texte ni au terme de « mommy porn » attribué puisque ce n’est pas ce qui m’a fait apprécier le livre. La force du roman, c’est bien l’histoire et je fais partie de ceux qui y ont été réceptifs. Alors certes, c’est bourré de clichés, les protagonistes étant forcément jeunes, beaux et riches mais qu’importe, j’avais besoin de ce genre de lecture au moment où je l’ai lu.

J’ai dévoré le 1er tome en 2 jours et n’ai pas pu attendre la sortie en France du suivant, que j’ai récupéré en anglais. J’ai lu les 3 tomes en 10 jours avec cette impression d’évoluer dans un monde parallèle, comme dans une bulle, complètement coupée du monde. Mon seul regret, la 1ère moitié du 3ème tome que j’ai trouvé un peu fade, comparativement à l’ensemble de l’oeuvre. Mais la trilogie se termine exactement comme je voulais qu’elle se termine. Certains réclament une suite, pas moi ! Je le relirai certainement un jour, dans quelques années, en me demandant si je ressens exactement la même chose que lorsque je l’ai découvert.

Le sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari

Image

4ème de couverture :

« Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en « meilleur des mondes possibles ». Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies. »

Mon avis :

Ce livre était dans ma liste depuis un petit moment déjà mais j’attendais les critiques dont il allait faire l’objet, s’agissant du dernier Goncourt attribué. Elles étaient partagées mais plutôt positives.

Le titre en lui-même, pour l’historienne que je fus à un moment donné de ma courte existence, ne pouvait que m’interpeller, même si la Rome antique n’a jamais vraiment fait partie de mes thèmes de prédilections en histoire. Le lien entre le titre et l’histoire ne réside bien sûr, pour ceux qui y verraient un titre pompeux, que dans un parallèle entre la chute de l’empire romain et la chute d’un petit bistrot corse.

Je reste assez partagée sur le style de l’auteur. Peut-être est-ce une question d’habitude mais j’ai trouvé les phrases très longues avec une abondance de « et ». On sent que l’auteur maîtrise les arcanes de la langue française et use d’un vocabulaire riche et élégant mais je n’y ai toutefois pas été très sensible. Le style ne m’a pas été transportée dans l’histoire comme peuvent me le faire les romans d’un Olivier Adam, pour ne citer que lui.

C’est un avis très personnel mais hormis Marcel, les personnages de Matthieu et Libero manquaient un peu de charisme. La vie de ce grand-père bienveillant qui a traversé l’Histoire et qui voit la chute des siens m’a tenue en haleine. J’ai trouvé en Matthieu et Libero deux êtres immatures qui n’ont malheureusement pas été poussés par le dynamisme de leur jeunesse, l’ambition et les rêves pour diriger ce bistrot sur le long terme. Ce fut au contraire une lente décadence jusqu’à la chute finale.

Jérôme Ferrari ne nous a pas livré un message très optimiste à travers ce roman en nous présentant toute la noirceur de l’âme humaine. Ne nous arrêtons pas là et continuons de penser que nos rêves doivent et peuvent au contraire servir de moteur dans nos vies.

Poppy Wyatt est un sacré numéro, Sophie KINSELLA

Image

4ème de couverture :

« En Angleterre, de nos jours. Poppy Wyatt est au bord de la crise de nerfs : elle vient de perdre sa bague de fiançailles, celle qui est dans la famille de son fiancé Magnus depuis plusieurs générations. Et pour couronner le tout, on vient de lui dérober son portable. Juste au moment où elle envisage la fuite à l’étranger, elle découvre dans une poubelle un téléphone. Miracle ! Enfin pas si sûr… Car ce portable appartient à l’assistante d’un dénommé Sam qui n’a pas l’air de saisir l’urgence de la situation. A force de supplications, Poppy réussit à le persuader de lui laisser ledit téléphone. C’est juré, c’est l’affaire de quelques heures, et elle lui transmettra tous ses messages d’ici là. Sauf que bien entendu, toute cette affaire va rapidement tourner au vinaigre : impossible de retrouver cette foutue bague, la soirée avec les beaux-parents vire au désastre, Magnus n’est pas d’un très grand soutien et Lucinda, la très irritable wedding planner, est aux abonnés absents. Et puis, il y a ces messages étranges reçus sur le portable de Sam, qui laisseraient entendre qu’un complot se prépare contre lui dans sa propre entreprise. Poppy parviendra-t-elle à redresser la situation ? »

Mon avis :

Pour ceux qui l’ignorent, Sophie Kinsella fait partie des auteurs de chick lit que je préfère et bien entendu, je n’aurai raté la lecture de ce livre sous aucun prétexte.

Poppy Wyatt fête son futur mariage entourée de ses amis dans un hôtel à l’occasion d’une tombola. L’alarme anti-incendie de l’hôtel est déclenchée suite à un court circuit. Dans la panique de l’évacuation, elle perd sa bague de fiançailles, qui s’avère être un bijou de famille de sa future belle-famille, avec laquelle elle entretient des rapports plutôt épineux. Après avoir retourné tout l’hôtel et laissé son n° de portable à tout le personnel afin qu’ils puissent la rappeler si jamais ils retrouvaient la bague elle sort de l’hôtel, et… se fait voler son téléphone ! En retournant à l’hôtel elle tombe par hasard sur un téléphone portable dans une corbeille à papier !! Ce portable s’avère être celui de l’assistante personnelle d’un homme d’affaires, Sam Roxton.

S’ensuivent des quiproquos dont Sophie Kinsella a le secret, Poppy tentant de cacher la perte de sa bague à son futur époux et sa famille et bataillant avec Sam afin de s’approprier le téléphone qu’elle a trouvé dans la poubelle. Ce dernier finit par céder, moyennant le fait qu’elle devra bien consciencieusement lui renvoyer tous les e-mails qui lui sont destinés. Sauf que Poppy a sa manière bien à elle de tenir son rôle d’assistante personnelle et ne peut s’empêcher de mettre son grain de sel dans la vie professionnelle et personnelle de Sam. Elle finit par se trouver embarquée bien malgré elle dans un complot contre un membre de la société et du gouvernement et se retrouve au coeur de l’affaire à essayer de dénouer les fils de l’histoire.
Histoire abracadabrantesque qui mêle astucieusement la vie de Poppy et de Sam bien malgré eux. Deux personnes que tout oppose qui se retrouvent tributaires l’une de l’autre, reliées par un simple téléphone portable…

La petite fille de Monsieur Linh, Philippe CLAUDEL

Image

4ème de couverture :

« C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise.
Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi.
Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort.
Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette. »

Mon avis :

Un livre très court qui se lit d’une seule traite, tout en douceur et délicatesse. Philippe Claudel a adopté une écriture poétique et touchante qui sied parfaitement à cette histoire émouvante et bouleversante.

 Cette histoire scelle l’histoire de 2 hommes, M. Bark qui s’attache à M. Linh comme pour expier son passé du temps où il était enrôlé dans l’armée et ce M. Linh d’abord méfiant mais qui saisit très vite la bonté de M. Bark et le remercie de sa gentillesse.

Deux hommes blessés par la vie qui ont perdus des êtres chers et qui, malgré le gouffre linguistique qui les sépare, se comprennent parfaitement à travers le prisme de leur coeur. Une belle histoire d’amitié à travers toutes les différences culturelles qui les entourent.

 L’auteur a su mettre en évidence ce fossé énorme entre l’amitié sincère de ces 2 hommes et le monde qui les entoure avec tous ses travers.

Les Anonymes, Roger Jon ELLORY

Image4ème de couverture :

« Washington. Quatre meurtres. Quatre modes opératoires identiques. Tout laisse à penser qu’un serial killer est à l’oeuvre. Enquête presque classique pour l’inspecteur Miller. Jusqu’au moment où il découvre qu’une des victimes vivait sous une fausse identité, fabriquée de toutes pièces. Qui était-elle réellement ? Ce qui semblait être une banale enquête de police prend alors une ampleur toute différente et va conduire Miller jusqu’aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain. »

Mon avis :

J’ai lu le livre en janvier et sans surprise, l’auteur est resté fidèle à lui-même, pour mon plus grand plaisir. On reconnaît sa marque de fabrique, que ce soit du point de vue du sujet ou du style d’écriture, auxquels j’adhère totalement.

J’avais été subjuguée par « Seul le silence », j’avais dévoré « Vendetta » et même si j’ai un peu moins accroché à ce livre, j’apprécie toujours autant sa façon d’écrire, les thèmes abordés et sa façon de mener l’enquête. Rien n’est laissé au hasard, les détails sont distillés avec rigueur tout au long du livre et l’originalité de la construction de l’intrigue est à saluer. Bref, c’est encore une fois du grand Ellory !
J’ai malgré tout eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire mais je m’aperçois qu’à part quelques rares exceptions, j’éprouve souvent le même ressenti avec les romans policiers. Mais par la suite impossible de le lâcher !

Les recherches historiques menées par l’auteur ont probablement été assez fouillées, on sent qu’il y a un vrai travail derrière ce qu’il écrit, tout ne venant pas de son imagination.
Les Contras font partie des sujets que je ne connaissais que trop peu et la lecture de ce livre m’a naturellement poussée à mener quelques recherches supplémentaires pour m’informer.
Même si certains faits sont de notoriété publique, il relate des faits historiques qui ne sont pas en adéquation avec la pensée officielle, sans pour autant verser dans une totale théorie du complot (à laquelle j’adhère cela dit bien souvent !). Henning Mankell et Roger Jon Ellory font partie de ces auteurs de polars que j’apprécie pour les idées qu’ils défendent et les interrogations qu’ils suscitent à leurs lecteurs.

A l’abri de rien, Olivier ADAM

images

4ème de couverture :

« Plus rien n’arrête le regard de Marie, ou presque. Ce jour-là, des hommes en haillons sont postés près du Monoprix ; sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux qu’on appelle les « Kosovars ». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, Marie se consacre à la survie de ces hommes en perdition. »

Mon avis :

Comme avec chaque roman d’Olivier Adam, j’ai refermé ce livre en laissant échapper un long soupir.
On retrouve dans ce livre toute la finesse de l’écriture de l’auteur, avec son style propre, assez poétique, très laconique qui confère toute son épaisseur à l’histoire.
Il est toujours important de se sentir bien dans sa vie quand on aborde un de ses livres et celui-ci ne fait pas exception.

On retrouve un personnage, Marie, totalement borderline, en proie a ses démons. Entourée d’un mari et de deux enfants aimants, propriétaire d’un joli pavillon, elle a pourtant tout pour être heureuse mais semble ressentir un vrai vide au fond d’elle-même. Au détour d’une rencontre fortuite avec un Kosovar qui lui vient en aide elle se joint aux bénévoles pour aider les Kosovars. Difficile de savoir, dans la tête de Marie, si c’est son côté dépressif qui l’a poussé à aider les démunis ou si c’est leur situation qui l’a fait sombrer. Certainement un peu des deux.
Par contre j’ai ressenti aussi beaucoup de peine pour ses 2 enfants. L’auteur a bien réussi à faire passer l’attachement qu’ils avaient pour leur mère et leurs sentiments face à son désarroi. Il  nous a cependant beaucoup rassuré tout au long du livre, l’amour qu’elle leur porte revenant comme un leitmotiv au fil du roman.
Je me suis longuement posée la question de savoir comment ça finirait et quand on a vu poindre une amélioration c’était pour sombrer plus bas encore par la suite.

Un très joli roman qui se lit rapidement puisqu’on se laisse vite happer par l’histoire.
En revanche je laisserai passer un petit peu de temps avant de lire un autre de ses livres, le temps de « digérer » l’histoire.

Tess d’Urberville, Thomas HARDY

Image

4ème de couverture :

« Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d’Urberville, un de ses jeunes maîtres. L’enfant qu’elle met au monde meurt en naissant.
Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c’est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance. »

Mon avis :

En littérature classique anglaise, je connaissais jusqu’alors les sœurs Brontë, Jane Austen et Charles Dickens mais n’avais jamais eu la curiosité de lire du Thomas Hardy. Il aurait été dommage de passer à côté d’un tel chef-d’oeuvre !

Tess d’Urberville fait partie de ces livres qu’il est difficile d’oublier. Amateurs de happy end, passez votre chemin ! Ce livre, dénonce le poids de la religion, l’hypocrisie de la société du 19ème et les différences de traitement entre hommes et femmes qui sévissaient alors. Il fait d’ailleurs partie des ouvrages censurés de l’époque, dressant un portrait sans complaisance des hommes.

Le style est conforme à celui des auteurs anglais contemporains à Thomas HARDY, très poétique, et avec une part de suggestivité très subtile, de sorte que le lecteur ne ressent aucune ambiguïté au fil de sa lecture.

 C’est l’histoire de Tess, jeune et pauvre paysanne qui n’a reçu que peu d’éducation et qui se voit sacrifiée sur l’autel des conventions religieuses et sociales de l’époque. Son père est un ivrogne notoire qui la pousse dans les bras d’un homme, uniquement motivé par l’appât du gain, et sa mère une femme qui n’a jamais estimé nécessaire de préparer Tess à la vie.

Le 1er homme qui croise sa route est Alexandre d’Urberville (Alec), son vil cousin et le fils d’un homme qui a racheté le nom des d’Urberville pour se donner une consistance. Subjugué par la beauté de Tess, il la séduit et abuse d’elle exploitant ainsi sa naïveté. S’ensuit une liaison éphémère mais Tess finit par le quitter. Alec ne fera rien pour la retenir, l’abandonnant à son triste sort mais ignorera tout de sa grossesse. Le petit garçon qu’elle mettra au monde ne vivra qu’une semaine.

Angel Clare, rencontré au sein d’une laiterie, va définitivement sceller le destin de Tess. Fils d’un pasteur, c’est un homme très pieux dont la vie est dictée par la religion et la haine des grandes familles dont Tess est une des descendantes. Il mettra Tess sur un piédestal, ignorant tout du drame personnel qu’elle a vécu.Tess, très éprise d’Angel, s’estime inférieure et hésitera d’ailleurs longtemps avant d’accepter sa demande en mariage. Elle finira par l’accepter sur un malentendu. La chute est d’autant plus rude pour lui lorsqu’il apprendra le lourd passé de Tess. Fier et obtus, il ne peut se résoudre à occulter ce passé et préférera abandonner sa femme plutôt que de divorcer.

Tess, c’est l’histoire d’une héroïne qui a vécu sous le poids de la culpabilité toute sa vie et qui accepte son destin tragique en courbant l’échine et faisant preuve d’une abnégation hors du commun.

Dès lors que l’on pense que les choses vont finir par s’arranger, Thomas Hardy emmène son héroïne encore plus bas que les fois précédentes. Ce livre est une succession de petits bonheurs, désillusions et grands malheurs, ponctués de rebondissements, jusqu’à la chute finale.

 Dans la foulée de ma lecture, j’ai regardé le film adapté par Roman Polanski en 1979, qui retrace le livre avec une grande justesse.